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François Fillon : le candidat de la droite et du patronat

Nous avons eu à le connaître quand il fut dans le gouvernement Balladur, en 1993, puis
Raffarin, en 2002, et enfin comme premier ministre, de 2007 à 2012. Une longue carrière
antisociale.

Ce personnage, conservateur libéral, admirateur de Margaret Thatcher, la Dame
de fer, premier ministre britannique, et de Gerhard Schröder, ancien chancelier (SPD)
allemand, qui ont démoli respectivement le système social de leur pays.

Fillon approuva toutes les mesures prises par la droite de 1993 à 2012.

En 1993 (il était déjà ministre), quand Balladur proclama les ordonnances ravageuses de la
sécurité sociale sur les retraites, notamment concernant la durée de cotisation nécessaire
pour avoir droit à une pension à taux plein (de 150 à 160 trimestres concernant le calcul de la
retraite du régime général et le calcul sur les 25 meilleures années au lieu des 10 meilleurs
années), ainsi que le décrochage des revalorisations à partir de l’indice des prix à la
consommation au lieu des salaires, Fillon approuva toutes les mesures prises par la droite de
1993 à 2012.

Son obsession : abattre le système de solidarité qu’est la Sécurité sociale

Ce personnage a le toupet de dire qu’il a toujours défendu le devenir de la sécurité social. Des
milliards d’euros ont été ainsi pris aux retraités pendant toutes ces années, contribuant à les
appauvrir. Il fut l’ordonnateur de la remise en cause de la retraite à 60 ans et fut celui qui la
fixa sous sons gouvernement à 62 ans. IL participa à toutes les « saletés » faites concernant la
Sécurité sociale, ce qui amènera des manifestations importantes dans le pays pour les
retraites en 2010.

Cet homme déteste ce qui relève de la solidarité et de régimes sociaux à caractères collectif,
(même s’il jure, la main sur le cœur, qu’il ne touchera pas à la Sécurité sociale), et il fait partie
de la caste de dirigeants politiques liés au capital et aux forces de l’argent décidés à abattre
cette grande conquête sociale. Ces gens –là n’ont jamais accepté qu’on passe d’un système
inégalitaire où régnaient les assurances privées et les mutuelles avant la guerre à un système
solidaire et par répartition à la Libération avec le programme du Conseil national de la
Résistance (CNR). De Gaulle ne l’a accepté que contraint et forcé par le rapport de forces qui
donnait à la CGT et au Parti communiste un réel pouvoir pour imposer la Sécurité sociale. En
2007, dans la revue patronale «Chalenges», Denis Kessler, ancien vice-président du Medef,
indiquait ceci : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil nationnal de la
Résistance. Un compromis entre gaulliste et communistes. Il est grand temps de le réformer
(...). La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et
1952, sans exception. »

Après sa mise en place en 1944, les pouvoirs successifs ne purent la remettre en
cause !

La Sécurité sociale fut mise en place par Croizat (ministre communiste) et Laroque avec
rapidité, et, devant les bienfaits qu’elle apportait aux travailleurs, ne put être remise en cause
sur ses fondements par les pouvoirs successifs après le départ des ministres communistes en
1947. L’universalité de la Sécurité sociale proclamée par Croizat fut, dès 1946, l’objet d’une
bataille pour en réduire la portée et, si elle fut votée, ne fut jamais appliquée parce que les
forces de la réaction, notamment les professions libérales, les gros agriculteurs, les
commerçants et artisants, n’en voulaient pas.
L’arrivée, demain, au pouvoir de Fillon et la présence du FN aboutiraient à mettre un terme à
cette grande conquête de la classe ouvrière qui fait la fierté de la France dans le monde
malgré les coups de boutoir qui lui sont portés depuis plusieurs décennies. Cette Sécurité
sociale, Fillon et ses acolytes du Medef ne peuvent plus la supporter et, dans le sillage desremises en cause de Hollande et de Valls, il s’agit, demain, d’en faire une sorte de valise de
secours et de transférer la plus grande partie de l’assurance-maladie vers le privé. Ils
entreprennent le dépècement en mille morceaux de la Sécurité sociale et sa cuirasse, la
solidarité intergénérationnelle. La Sécurité sociale deviendrait alors un système à plusieurs
vitesses.

Un système à plusieurs vitesses « que vous soyez riche ou misérable » !

Il y aurait ceux et celles qui pourront se payer les meilleurs soins, et les autres, qui auraient le
minimum vital, comme aux Etats Unis. Le travail de sape engagé depuis plusieurs décennies
nous montre que les droits ne sont plus à la dimension de ce que ses créateurs envisageaient,
c’est-à-dire une Sécurité sociale remboursant tous les soins à 100%. Derrière tout cela, se
cache la main patronale, celle qui vise à se débarrasser de toutes les cotisations sociales.
L’objectif est aussi de placer la retraite à 65 ans du régime général ; une nouvelle attaque de
grande ampleur qui pourrait coïncider avec une fusion du régime général avec les retraites
complémentaires pour parfaire la réduction des prestations retraite. Une retraite à 65 ans qui
conduirait à ce que des travailleurs n’ayant pas le nombre d’années de cotisations suffisantes
soient obligés d’attendre les 70 ans pour une retraite pleine et entière.