Logo et/ou image de titre d'accueil du site

INTERVENTION DE FRANCIS TUJAGUE AU NOM DU GROUPE FRONT DE GAUCHE

Le 13 décembre, Il fallait éviter le pire. C'est fait! Mais dans des conditions qui ne peuvent satisfaire aucun démocrate à partir du moment où, pendant 6 ans aucune voix de gauche ne pourra s'exprimer au Conseil Régional.
Dans le contexte politique général de notre pays, on aurait grand tort de penser que cette élection passée, tout est réglé, tout est effacé et que désormais tout peut continuer comme avant.

La fièvre qui affecte notre pays, les hommes et les femmes de notre région, celles et ceux de notre département s'est clairement manifestée partout. Elle est très forte, et il est à craindre que si rien ne change, elle persistera et s'amplifiera au point de déstabiliser notre pays, de défigurer notre République et ses valeurs.
Et ceci pour des causes multiples, mais dont une des plus importantes tient, à n'en pas douter, aux conséquences désastreuses des politiques d'austérité conduites depuis des années, de façon ininterrompue, aussi bien par la droite que par la majorité actuellement au pouvoir.

Des politiques qui touchent durement, les plus faibles, les plus défavorisés, mais aussi de plus en plus de personnes qui n'imaginaient pas se trouver, un jour, elles aussi, confrontées aux régressions économiques, sociales et morales que connait aujourd'hui la France.
Est-il surprenant dans ces conditions que certains en viennent à désespérer de tout, à oublier l’histoire et à se laisser séduire par les thèses les plus simplistes et les plus dangereuses?

Ce n'est pas, comme le pense le premier ministre, en poursuivant les politiques qui conduisent à cette situation que l'on pourra changer profondément les choses.
Encore moins en les renforçant et en allant encore plus loin dans l'austérité comme l'a déclaré Mr Sarkozy, les résultats des élections régionales à peine connus.
Et pourtant le budget que vous nous proposez pour 2016, s'il comprend des mesures positives porte toujours la marque, désormais inscrite dans le marbre, de la réduction de la dépense publique.
Ce qui signifie une diminution des interventions de notre collectivité dans plusieurs domaines qui relèvent de ses compétences, du social dans toutes ses dimensions à la politique des infrastructures routières en passant par les collèges. Des domaines qui touchent directement à notre vie quotidienne.

La plus symbolique de ces mesures nous parait être votre décision d'imposer à nos agents de travailler plus sans gagner plus et en étant de moins en moins nombreux pour accomplir les tâches qui leur sont confiées. Et ceci contre l'avis de tous leurs représentants syndicaux.
Nous vous redisons notre désaccord sur ce choix qui ne peut qu'altérer la motivation de nos personnels et leur confiance à l'égard des responsables de notre institution alors que chacun se plait à vanter leur compétence et leur efficacité.
S'agissant du budget et des politiques qu'il permet de mettre en œuvre, il souffre, comme ceux de toutes nos collectivités, de la baisse extrêmement importante des dotations de l'Etat.
Une diminution qui amplifie les conséquences du non remboursement à l'euro près des charges transférées par l'Etat sur lesquelles nous vous avons alerté à plusieurs reprises mais que vous vous étiez borné à dénoncer sans réagir tant que votre majorité dirigeait le pays.
Mieux vaut tard que jamais, nous notons avec satisfaction que le tribunal administratif est enfin saisi pour obtenir la condamnation de l'Etat à payer au Département 115,5 millions d'euros de dépenses de RSA non compensées.