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La «fameuse» dette Grecque

Début 2009, tout allait bien. La Grèce avait le taux de croissance parmi les plus élevés d’Europe, puis en quelques semaines avec la crise financière, il est ramené à zéro !

Avec le krach, le monde de la finance, gavé de titres à hauts rendements spéculatifs, dont les cours s’effondraient, était devenu incapable de rembourser ses dettes. Comme toute l’Europe, Athènes vole alors à son secours. La gigantesque dette privée qui menace son secteur bancaire et financier est socialisée, c’est-à-dire que ce sont les contribuables qui doivent rembourser!

Aujourd’hui, les dirigeants allemands et français évoquent, pour dresser leurs opinions contre le peuple Grecs, que celui-ci ferait les «poches» des citoyens français et allemands alors que la réalité est tout autre.

En effet, par exemple, le fisc allemand est objectivement un énorme «profiteur» de la crise grecque. Berlin a prêté en effet de l’argent à Athènes, à des taux certes très inférieurs à ceux, usuraires, du marché (ils ont atteint jusqu’à 18% pour les emprunts à dix ans en juin 2011) mais bien au-dessus (entre 2 et 5%) de ceux auxquels il avait lui-même emprunté sur les marchés financiers pour alimenter le fond de secours européen. Depuis près de deux ans, l’Allemagne se finance en effet sur les marchés à moins de 1,5 et même à moins de 0,5% depuis l’automne dernier. Techniquement cette situation traduit un afflux de capitaux sur la place allemande. Autrement dit : une réduction du coût du capital emprunté par la puissance publique germanique. Au total, une étude sur ce thème réalisé par des économistes du groupe Allianz chiffre à 40 milliards d’euros les gains réalisés sur quatre ans par Berlin grâce à cette conjoncture ultra favorable.

Annuler la dette publique, l’Allemagne l’a déjà fait!

Ce fut le 27 Février 1953 lors de la Conférence de Londres, réuni pour tirer d’affaire l’Allemagne vaincue et détruite. Celle-ci décida l’annulation de près des deux tiers de la dette allemande (62,6%) par ses créanciers étrangers ! L’accord a été signé par la RFA et 22 pays créanciers. Et parmi les 22 créanciers généreux, on trouve les États-Unis, la Grande Bretagne, la France, mais aussi la Grèce ! On ne peut pas dire que la reconnaissance étouffe les dirigeants Allemands. Pourtant, l’addition était salée. La dette allemande d’avant-guerre a été réduite de 22,6 milliards à 7,5 milliards de Marks. Et celle d’après-guerre de 16,2 milliards à 7 milliards de Marks. Valeur de l’époque. Faites les multiplications pour trouver ce que ces montants veulent dire à présent ! Quant à l’ardoise des dégâts allemands, on l’a remise aux peuples qui ont reconstruits leur pays.

Pour «avaler» la RDA, l’Allemagne a bénéficié d’aides européennes massives.

Après que l’Allemagne de l’Ouest eut avalé tout cru l’ancienne Allemagne de l’Est (RDA), en 1989-1990, elle a bénéficié d’aides européennes massives, des dizaines de milliards d’euros. Dans les années suivant cette absorption, les nouveaux Länder de l’Est ont perçu le cinquième des aides structurelles de la communauté. Selon une publication officielle de la Commission Européenne, entre 1994 et 1999, le total des fonds structurels européens (incluant ceux du fond social) reçus par l’Allemagne s’est élevé à 21,8 milliards d’Euros, sans compter la politique de Mark fort mené par la banque centrale d’Allemagne dans ces années-là. Cette politique s’est traduite par la destruction de milliers d’emplois, notamment en France.

La droite et les sociaux libéraux, dont le PS en France, reprochent aujourd’hui à la Grèce de grever les ressources des européens. Tous font mine d’oublier ce que le capitalisme allemand a coûté aux peuples du continent, dont la France!

L’Union Européenne menacée d’éclatement

Si elle reste sourde à la colère et au désarroi des peuples, l’Union Européenne est menacée d’éclatement. Ceux qui ont semé le chômage et la misère sur le continent récoltent aujourd’hui le rejet de l’Europe et la montée du fascisme. Ce sont eux qui menacent la cohésion de l’Europe, pas les vrais forces de gauche comme Syriza en Grèce ou le Front de Gauche en France.