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Roya sinistrée Un plan « Marshall » pour la reconstruire

Alors que les médias nous annoncent que l’on s’affaire dans la Vésubie et la Tinée pour ouvrir les accès aux stations de ski, tandis que, 3 semaines après la catastrophe, plusieurs habitants de la Roya n’ont toujours pas d’eau potable et que l’approvisionnement du haut de la vallée est toujours très aléatoire nous poussons, en tant que conseillers départementaux du canton « Roya, Bévéra, Paillons » un coup de gueule pour appeler les autorités à l’équité et à la raison.

S’il est évident qu’après le passage de la tempête Alex et les dégâts considérables causés aux infrastructures publiques, aux biens des particuliers et aux outils de travail des acteurs économiques et sociaux, les trois vallées sinistrées ont besoin de toute l’attention des pouvoirs publics, une évidence s’impose.

Compte tenu de sa situation spécifique et de la nature des dégâts qui l’affecte, La Roya doit faire l’objet d’une attention particulière. Elle a besoin d’un véritable plan « Marshall »lpour se reconstruire.

Une situation particulièrement grave

Trois semaines après la catastrophe qui a touché la vallée, plusieurs village et hameaux sont encore isolés. Un isolement qui risque de durer du fait de la destruction de dizaines de kilomètres de routes départementales ou communales, ainsi que d’un certain nombre d’ouvrages d’art avec toutes les conséquences qui en résultent pour la vie des habitants, le fonctionnement des services publics et les activités des commerces, des entreprises, des agriculteurs et des éleveurs.
Une situation qui pèse lourdement sur le fonctionnement, voire la pérennité des établissements sociaux et médico-sociaux qui constituent la principale source d’emplois de la vallée.
Une situation qui renforce la nécessité de rétablir très rapidement la voie ferrée Nice-Tende-Cunéo sur toute sa longueur en confirmant que cette ligne de vie qui doit être au cœur de la reconstruction de la vallée de la Roya sera maintenue de façon définitive ainsi que s’y est engagé le Président de la République lors de sa visite dans la vallée.
Une situation marquée par la destruction de nombreuses habitations mais également de plusieurs équipements publics majeurs des communes ou de l’intercommunalité, adductions d’eaux, réseaux d’assainissement, installations sportives … indispensables à la vie des habitants. Des équipements dont la reconstruction est très problématique parce qu’inenvisageable pour certains d’entre eux sur leurs terrains d’assiette emportés par les eaux de la Roya.

La reconstruction nécessite l’engagement de tous les acteurs publics

Face à l’importance des dégâts et au nombre d’équipements publics et de biens de particuliers détruits, cette reconstruction qui doit être la plus rapide possible doit nécessairement reposer sur la solidarité de la Nation et de l’Europe car son coût est largement supérieur aux possibilités des collectivités et des sinistrés.
Elle doit être fondée sur un projet tenant compte des enseignements des phénomènes climatiques violents qui se répètent de plus en plus fréquemment, concilier les besoins humains et le respect de la nature.
Elle doit prendre en compte les spécificités de la Roya, ses atouts parmi lesquels la capacité de mobilisation de ses élus et de ses habitants, mais également ses difficultés et ses faiblesses.
Elle doit ouvrir la voie à un avenir porteur d’espoir et sécurisant, faute de quoi la Roya risque de perdre des forces vives indispensables à son redressement.
Pour ce faire nous avons proposé au préfet que se tienne en urgence, sous l’égide de l’Etat « une conférence pour la reconstruction de la Roya » associant tous les élus et les collectivités publiques concernés, Région, Département, Communes, CARF, les représentants du secteur économique et des activités sociales et médico-sociales auxquels nous nous sommes également adressés.
Cette conférence doit avoir pour objectif d’arrêter, d’un commun accord, en lien étroit avec les habitants de la vallée, le cadre et les conditions de cette reconstruction, de mobiliser tous les moyens techniques et financiers nécessaires et de fixer un calendrier de réalisation.
Il y a nécessité d’agir vite, compte tenu de la situation de la Vallée, faute de quoi c’est la vie de la Roya qui s’en trouvera durablement affectée.

Valérie Tomasini Francis Tujague