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FABIEN ROUSSEL : « À L’ASSEMBLÉE NATIONALE, ON SE BAT AUSSI »

Le secrétaire national du PCF a dénoncé l’escroquerie de la fausse hausse du SMIC, soutenu les gilets jaunes et rappelé que leurs revendications sont portées par des députés à l’Assemblée nationale, mercredi lors d’une rencontre avec les journalistes parlementaires.

Fabien Roussel était l’invité de l’association des journalistes parlementaires, mercredi à l’Assemblée nationale. Interrogé sur l’attentat à Strasbourg et la poursuite du mouvement des gilets jaunes, le secrétaire national du PCF a appelé à « ne pas opposer les gilets jaunes aux CRS » et a rejeté l’argument sécuritaire visant à dire « rentrez chez-vous maintenant, il y a d’autres priorités ». « Si les gilets jaunes veulent occuper les ronds points jusqu’à Noël qu’ils les occupent et s’il faut siéger à l’Assemblée nationale en même temps j’y siégerais ! » a-t-il asséné, se disant solidaire du mouvement et « pleinement aux côtés des gilets jaunes », car les communistes « portent les mêmes revendications pour l’essentiel ».

Le député du Nord a noté que les gilets jaunes ont contraint l’exécutif à lâcher du lest.

« Quand on se bouge, quand on se mobilise, quand on est déterminé, on peut quand même gagner. On le voit avec l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités (pour les pensions inférieures à 2000 euros par mois – NDLR). Mais la retraite n’est toujours pas indexée sur le coût de la vie ! » a-t-il lancé, avant de tancer le reste des miettes concédées par Emmanuel Macron. L’annonce de la hausse du SMIC a ainsi été qualifiée d’« énorme escroquerie », car il s’agit en réalité d’une hausse de la prime d’activité. « C’est incroyable ! C’est l’Etat qui se substitue aux entreprises pour verser un salaire aux travailleurs. Quelle injustice ! Et sur les 100 euros il n’y a aucune cotisation chômage et cotisation retraite, alors qu’une hausse véritable du SMIC et des salaires apporterait des milliards à la Sécurité sociale. »

Les combats à remporter sont encore nombreux

Bien que le gouvernement soit en train de se jouer des gilets jaunes, Fabien Roussel apprécie que l’exécutif ait démarré une forme de reculade, en plus de se montrer inquiet pour les réformes à venir. « Ça me plaît assez bien de voir un président de la République et des députés sous contrôle du peuple. Ça me plaît de les voir se demander si c’est opportun d’en remettre une couche avec une réforme des retraites », a-t-il observé, en souriant. Reste que les combats à remporter sont encore nombreux avant l’acte V des gilets jaunes et la manifestation de la CGT et de SUD le 14 décembre : retour et renforcement de l’ISF, suppression de la flat taxe et du CICE, véritable réforme fiscale avec l’instauration de nouvelles tranches progressives pour les particuliers et les entreprises, baisse de la TVA, encadrement des hauts salaires via une échelle et lutte véritable contre la fraude fiscale… les propositions communes des gilets jaunes et des communistes ne manquent pas.

Fabien Roussel a souhaité insister sur ce point, afin de rappeler que le Parlement n’est pas « monocolore ». « On a déposé une motion de censure du gouvernement avec les insoumis et les socialistes parce que c’est important de montrer aux Français qu’à l’Assemblée nationale on se bat aussi. C’est important de montrer que nous ne sommes pas tous pareil. Il faut que les gilets jaunes le sachent : ils ont des relais au Parlement. » De façon insuffisante, certes. L’élu a pointé ce paradoxe. « En 2005, le référendum sur le traité constitutionnel, 55% des Français votent contre. Puis 10% des députés votent contre (le traité de Lisbonne - NDLR). Le bug est le même aujourd’hui : 10% des députés déposent une motion de censure

« Si le PCF n’est pas assez sexy, qu’ils viennent !»

Sur la question de la crise des partis et des syndicats, le dirigeant a invité « les gilets jaunes et les Français à nous envahir, à nous bousculer. Si le PCF n’est pas assez sexy, qu’ils viennent ! On a besoin de partis, de syndicats et de débats politiques dans ce pays ». Puis il a renvoyé la crise des syndicats et la responsabilité des violences lors des manifestations au mépris des gouvernants des vingt dernières années. « Comment ça se fait que quand on fait grève comme les cheminots en étant soutenu par l’opinion publique et en annonçant les jours de grève à l’avance, on n’est pas écouté par le gouvernement ? Comment ça se fait que quand les retraités manifestent calmement à l’appel de toutes les organisations syndicales, ils ne sont jamais entendus par le gouvernement ? Je suis profondément meurtri par cette attitude de ceux qui n’entendent jamais. La responsabilité est de quel côté après ? De ceux qui bougent quand il y a le feu et qui ne font rien quand on manifeste dans l’ordre ! Même quand les syndicats sont tous unis, le gouvernement n’écoute pas. Alors comment on fait ? »

Le député a conclu en appelant à partager enfin des richesses de plus en plus captées par quelques uns, rappelant que le patrimoine taxable par les familles assujetties à l’ISF était de 1028 milliards d’euros en 2017. Il a depuis augmenté. « Il y a une dizaine d’années, ils étaient 4000 grandes fortunes dans le monde entier à détenir autant que la moitié de l’humanité. Ils tenaient dans un petit stade. Aujourd’hui ils sont 8. Ils tiennent dans un monospace. Les riches n’ont jamais été aussi riches ! »