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La privatisation des centrales hydrauliques voulue par Bruxelles et appliquée par les libéraux de droite comme de « gauche »

Les gouvernements précédents (de droite ou « socialistes »), comme l’actuel n’en doutons pas, prennent des décisions concernant les barrages et centrales hydroélectriques de notre pays. Il s’agit de 15% de notre électricité. L’hydroélectricité est la première énergie renouvelable utilisée en France. 80% de la production électrique d’origine renouvelable vient de ces barrages et centrales. Très loin devant l’éolien ou le solaire par exemple. A l’échelle du monde c’est encore plus frappant. L’hydraulique est la troisième source d’énergie derrière le charbon et le gaz mais loin devant le nucléaire ! C’est donc un sujet très sérieux que la gestion de cette ressource stratégique. Les barrages de notre vallée sont aussi concernés !

Notre vallée dispose de ressources en eau importante qui en font un véritable château d’eau indispensable aux habitants du littoral. Outre qu’elle est nécessaire à la vie quotidienne des populations, elle permet de produire de l’électricité. Les cinq usines hydrauliques françaises de la vallée de la Roya (les Mesce, St Dalmas de Tende, Fontan et Breil sur Roya) totalisent une production annuelle de 253 millions de kW/heure soit une fourniture équivalente en électricité à une ville de 100 000 habitants (Avignon par exemple). Ces usines ont faites, ou font encore, l’objet de travaux importants de mise à niveau peut-être pour mieux les vendre !
Cette énergie électrique renouvelable, est aujourd’hui convoitée par des intérêts privés. Pourtant, ouvrir à la concurrence et aux entreprises privées la gestion des installations de production de l’électricité, c’est une bêtise totale, dans la droite ligne du reste des hallucinations des idéologues libéraux. On comprend vite et sans effort que les « partenaires privés » n’investiront pas par philanthropie, mais pour tirer des profits.

L’arrivée du privé n’est pas une bonne chose

Personne n’imagine que les investisseurs privés viennent pour faire des investissements. Ni qu’ils seront portés à en faire si besoin est. Car lorsqu’une opération d’entretien est à l’ordre du jour cela coûte deux fois. Une première quand il faut payer les travaux et une seconde pendant l’interruption de l’exploitation. La tendance sera donc toujours de regarder ailleurs quand les symptômes d’usure seront là. L’arrivée des privés dans l’exploitation des barrages et des centrales n’est donc vraiment pas une bonne nouvelle pour la sécurité des populations. Ceux qui vivent aux alentours de ces installations peuvent s’inquiéter. Mais si éloignés qu’ils soient, les autres sont aussi concernés. Car le réseau électrique forme un tout et fonctionne comme un tout.
Nous n’évoquons pas ici ce qui se passera quand un maillon de la chaine mal entretenu ou mal géré ou faisant du chantage au tarif, devra interrompre sa production. Cette situation on l’a connue car on l’a déjà observée aux USA ou au Royaume Uni. Ce sont alors les maxi pannes. Elles sont inconnues en France jusqu’à ce jour sinon partiellement en période de tempête.

L’eau une énergie renouvelable et souple

Le système électrique fonctionne comme un tout. Il doit fournir à chaque instant très exactement la quantité d’énergie en cours de consommation. S’il en produit moins ou plus, le système plante. Cette gestion fine est cruciale ! Les installations hydrauliques sont les variables d’ajustement du système électrique global. Car le flux de l’eau turbinée est très facile à maitriser selon que l’on doit augmenter la puissance ou la diminuer. On peut ouvrir ou couper le flux de production car la machine démarre et s’arrête en quelque secondes. La production d’énergie nucléaire n’a pas du tout cette souplesse technique. Elle produit ou bien elle ne produit pas, et l’arrêt comme le démarrage sont des procédures complexes, lentes et dangereuses.
On compte plus de 2000 installations de toutes tailles dans le pays parmi lesquels une grosse centaine de barrages de grande taille, c’est-à-dire de plus de 20 mètres de hauteur. 400 barrages et centrales sont gérés par des entreprises à travers des «concessions» de longue durée. 80% d’entre eux le sont aujourd’hui par EDF. Les autres sont essentiellement gérés par GDF Suez ou ses filiales, héritage du temps où GDF était une entreprise publique. Les libéraux de tous poils, obéissants aux injonctions de la Commission de Bruxelles ont donc décidé de brader la gestion de ce patrimoine national.
C’est un pillage digne de celui de la privatisation des autoroutes. Le peuple français a payé pendant des décennies pour construire et entretenir ces installations hydroélectriques. Le nouveau statut semi-privé proposé par la ministre Ségolène Royal permettrait de continuer à nationaliser les pertes et les investissements tout en garantissant de verser une rente aux gestionnaires privés. C’est d’autant plus stupéfiant qu’en 2007, le projet de Ségolène Royal pour l’élection présidentielle prévoyait la création d’un pôle public de l’énergie entre EDF et GDF (comme nous le proposons depuis longtemps). C’est la même qui était à la manœuvre pour découper et brader le patrimoine énergétique du pays aux intérêts privés. Ne doutons pas que ses successeurs, si nous ne les en empêchons pas, continueront dans la même voie funeste pour notre pays.