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SNCF : Décidément, Macron n’aime pas le train…

Fermetures de lignes, ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, transformation du statut de la SNCF… le rapport Spinetta sur la « refonte du système ferroviaire » risque de faire rentrer le rail dans un engrenage fatal. La CGT appelle les cheminots à manifester le 22 mars.
Pour Emmanuel Macron, l’avenir du rail, c’est la route. Maintes fois reporté, le rapport Spinetta a été publié le 15 février. Et, oh que le hasard fait bien les choses ! il propo, comme l’a fait remarquer Mediapart, de faire justement ce qu’Emmanuel Macron a toujours voulu faire : « démanteler la SNCF ». Fermeture de lignes, ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, transformation de la SNCF en société anonyme, suppression massive d’emplois et extinction programmée du statut des cheminots sont au menu des 43 recommandations de Jean-Cyril Spinotta, qui fut déjà l’artisan de la privatisation d’Air France.

AU MOINS 4 000KM MENACÉS (entre 4 000 et 9 000km)

Si elles sont mises en œuvre, ces mesures entraîneront à terme une qui-disparition du transport ferroviaire. Entre 4 000 et 9 000kilomètres de ligne sont directement menacés. Au motif qu’elles ne transportent que « 2% des voyageurs » et qu’elles coûtent 1,7 milliards d’euros », 16ù des fonds publics consacrés chaque année au ferroviaire, le rapport préconise un audit pour déterminer les lignes à fermer. L’économie ainsi réalisable serait de « 1,2 milliards d’euros ». On peut sérieusement en doter. De la même manière que les petites rivières font les grands fleuves, les petites lignes alimentent les grandes. Autrement dit, les fermetures menacent de déstabiliser économiquement le réseau ferroviaire en le plongeant dans un cercle vicieux. En réduisant la fréquentation des lignes restantes, elles risquent de remettre en cause leur rentabilité, donc de générer de nouvelles fermetures. À terme, le réseau ferroviaire pourrait être limité aux lignes à grande vitesse et à celles périurbaines.

LA PRIVATISATION EN MARCHE

Cette logique mortifère pourrait être aggravée par deux autres mesures : la transformation de SNCF Mobilité, qui fait circuler les trains, et de SNCF Réseau, qui gère l’infrastructure, d’établissement publics industriels et commerciaux (Epic) en société anonyme (SA), et l’ouverture à la concurrence. Premier pas vers une privatisation, le statut de société anonyme interdira tout soutien de l’État et aggravera la course aux dividendes dans laquelle la SNCF est déjà plongée au détriment de l’emploi et de la qualité de service. L’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, comme celle du fret ferroviaire l’a démontré, va provoquer un repli sur les lignes susceptibles de dégager du profit et condamner les autres.

Du côté de l’emploi, le rapport suggère de poursuivre, en l’aggravant, la politique de suppression d’emplois (encore 2050 au budget 2018) par le biais d’un « plan de départs volontaires » de 5 000 postes. Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, en cas de perte par la SNCF de l’exploitation d’une ligne au profit d’une autre entreprise. Jean-Cyril Spinetta recommande de transférer les cheminots à ce nouvel opérateur. Il propose aussi de mettre fin aux recrutements sous le statut de cheminot, qui fixe les règles en matière de rémunération, d’avancement ou encore de congés payés des agents de la SNCF, en contrepartie des contraintes du métier (horaires décalés, découchages…). La concurrence dans le rail rimera donc avec dumping social.

Du côté des cheminots, l’heure est à la mobilisation, pour la CGT. Le principal syndicat, que la neige et le verglas avaient contraint de reporter la manifestation nationale du 08février, a annoncé que celle-ci aura lieu le 22 mars-journée de mobilisation dans la fonction publique, à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique (CGT, FO, FSU, Solidaire, CFTC, CFE-CGC et FA-FP). Les fédérations SUD rail, Unsa et CFDT n’ont pas encore appelé à la mobilisation, mais ont toutes fermement critiqué le rapport Spinetta.

À TERME, SI CES MESURES SONT MISES EN ŒUVRE ? CELA ENTRAȊNERA UNE QUASIDISPARITION DU TRANSPORT FERROVIAIRE