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Assurance chômage: "Non, les chômeurs -ne-sont-pas-des-nantis"

Le déficit de l’assurance chômage, c’est la crise et les politiques d’austérité qui en sont la cause, s’insurge la gauche et les partenaires sociaux. Plutôt que de punir à nouveau les chômeurs en s’attaquant à un acquis social comme le suggèrent Valls et Macron, c’est notre politique économique qu’il faut remettre en question.

"La question du montant et de la durée de l'indemnisation du chômage doit être posée" avait lancé Valls. Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l’Economie et ancien banquier de chez Rothschild, en a rajouté une louche : "Il ne doit pas y avoir de tabou ni de posture. L'assurance-chômage est en déficit de 4 milliards d'euros; quel responsable politique peut s'en satisfaire?".
Légitimement, la gauche s’est émue de cette attaque contre un acquis social fondamental. Pour Force Ouvrière, "c’est inconséquent, irresponsable et quelque peu nauséabond." Le syndicat rappelle "que notre système d’assurance chômage est extrêmement sensible à la conjoncture économique : quand le chômage augmente et donc quand les cotisations rentrent moins bien, le régime connaît un déficit." Economiquement la leçon est simple : l’austérité génère une hausse du chômage, ce qui entraîne une explosion des prestations sociales. "Non, les chômeurs ne sont pas des nantis!" s’agace FO.
Le Parti de gauche dans un communiqué rappelle à ce propos des faits importants. "En France 98% des offres d’emplois trouvent preneurs et que plus d’un chômeur sur deux ne touchent aucune indemnité chômage. En part du PIB, la France consacre moins d’argent aux indemnités chômages que l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, etc. Ce qui favorise le chômage, ce ne sont pas les indemnités mais le manque d’offre d’emplois à cause de l’austérité généralisée et du coût du capital exorbitant qui ruine notre pays."

"L'assurance chômage est un stabilisateur social"

Les dents grincent également au PS, particulièrement du côté de l’aile gauche du parti. La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann juge qu’Emmanuel Macron "met de la confusion". "L'assurance chômage fait partie des piliers de notre société, c'est un stabilisateur social", "on ferait mieux de créer de l'emploi". "Je ne sais pas ce j'ai de commun avec Monsieur Macron. Avant, il était dans sa banque, ni au PS, ni au Parlement".
L'ancien ministre Benoît Hamon, redevenu député des Yvelines, estime que l’exécutif se plie aux exigences de la Commission européenne. "Je crois qu'Emmanuel Macron comme le Premier ministre mettent en œuvre des propositions, les mettent en débat parce qu'ils n'ont pas d'autres choix que de le faire et que l'Union européenne l'exige". Les "450.000 chômeurs de plus depuis que nous sommes aux responsabilités", Benoît Hamon les attribue à "une politique économique qui, hélas a fait le choix de la réduction des déficits l'objectif ultime de ce gouvernement". "La politique économique mise en œuvre en France et en Europe n'a pas rétabli la croissance et, du coup, a provoqué du chômage en plus. (...) C'est la raison pour laquelle avec Arnaud Montebourg nous ne sommes plus au gouvernement".

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