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La crise de la globalisation capitaliste est entrée dans une phase de très haute intensité

Cette crise met la planète dans de graves périls. Chaque jour, ou presque, en apporte une nouvelle démonstration : l’accumulation des contradictions qui minent le système se révèle de moins en moins maîtrisée par les gouvernements en place et les classes dirigeantes.

Ainsi le dérèglement climatique et, plus généralement, des désastres environnementaux ne cessent de confirmer l'urgence de mesures radicales pour réduire la pollution, mettre en place des alternatives aux énergies carbonées, faire naître d'autres modèles de production et de consommation, sortir des traités de libre-échange. Mais ils appellent également à porter le fer au cœur des logiques marchandes et financières, à s'attaquer au pouvoir des banques et des marchés financiers, autrement dit à mettre en question le coût du capital pour l'humanité. La catastrophe de LUBRIZOL n'en est-elle pas la dernière démonstration en date ? Comment ne pas mettre en cause les logiques de profitabilité et de déréglementation, les phénomènes de dumping social et d'organisation des sous-traitances impulsés par les multinationales, qui entraînent les conséquences que l'on voit aujourd'hui sur la santé des salarié·e·s, la sécurité des populations, l'environnement en général ? Comment ne pas mettre en accusation les différentes dispositions qui ont, au fil du temps, assoupli les contraintes pesant sur les industriels ? Le gouvernement d'Edouard PHILIPPE y a, lui-même, puissamment contribué avec une loi de simplification administrative ayant permis aux sites SEVESO d'étendre leurs capacités de stockage de produits dangereux.

L'état de plus en plus convulsif de l'ordre planétaire se confirme encore avec le spectre d'une nouvelle crise systémique qui se profile, sur fond de guerres commerciales et désormais monétaires opposant les principales puissances. Les menaces d'éclatement qui pèsent sur des bulles spéculatives représentant à présent 6,5 fois la richesse mondiale produite sur une année, la multiplication des faillites d'entreprises fondées sur des empilements de crédits et de dettes, telles THOMAS COOK ou les compagnies aériennes AIGLE AZUR ou XL AIRWAYS, les menaces qui se précisent sur un certain nombre d'établissements bancaires, sans parler de l'état économique critique de pays hier encore désignés comme « émergents », tout cela constitue autant de signes annonciateurs du cataclysme qui se prépare. Comme toujours dans l'histoire, les classes dominantes répondent à la menace par la fuite en avant.

Ces classes dominantes cherchent à anticiper la crise qui vient sur le dos des peuples. Un peu partout, elles amplifient les mouvements de prédation financière avec des augmentations croissantes de la rémunération des actionnaires. Elles multiplient les attaques contre les droits sociaux et les conditions d'existence du plus grand nombre. Elles aggravent les politiques d'austérité. Dans le même temps, tandis que se multiplient les foyers de tension régionaux, tandis que l'Union européenne voit se confirmer sa déstabilisation mise en évidence par le BREXIT, tandis que montent les nationalismes réactionnaires, on prépare les opinions aux chocs politiques, tensions armées et guerres dont un tel contexte est inévitablement porteur. Les propos du ministre des Affaires étrangères, le 29 août dernier, devant la Conférence des ambassadeurs confirment notre analise. Il y a dit : « Il n'y a plus de ''soft power'', on est entré dans le hard. » Une manière de souligner que la fable d'une mondialisation « douce » et apaisée n'est plus de mise. C'est dans ce contexte que le pouvoir macronien a effectué sa rentrée. Plutôt que de répondre à ce que la secousse du mouvement des « Gilets jaunes » a provoqué l'an passé, plutôt que de s'orienter vers une autre utilisation de l'argent de l’État, des entreprises et des banques au service du développement humain et de la sauvegarde de notre écosystème, plutôt donc que de réformer une fiscalité toujours plus favorable au capital, il a entrepris de pousser les feux du remodèlement néolibéral de la société française.

Le projet de loi de finances pour 2020 est, à cet égard, des plus révélateurs, comme nos groupes parlementaires, en ont fait l'analyse détaillée Tout est dit lorsque, dès l'introduction de ce projet de loi de finances, il est signifié que « l'acte II de la politique budgétaire du gouvernement succède à l'acte I sans rupture – la baisse des dépenses, la baisse des impôts et la baisse des déficits restent nos ancres». Bien sur ce projet est en faveur des possédants.

Trois mois après la présentation des préconisations du haut-commissaire à la réforme, le président de la République a confirmé tous les éléments d'un projet en rupture avec les grands principes de notre pacte social. Comme l'avait indiqué le document élaboré en juin par notre collectif de travail, le macronisme a décidé de bloquer la de la richesse nationale consacrée aux retraites à 14 % du produit intérieur brut. Au regard des réalités démographiques, comme de l'allongement de l'espérance de vie, la conséquence de ce fameux « système universel par points » serait par conséquent un effondrement du niveau des pensions. Le calendrier de l'exécutif à ce propos est une loi-cadre pour l'été 2020. Le prochain rapport du COR formulera des propositions pour un retour à l'équilibre financier pour 2025. Les grands médias préparent idéologiquement le terrain sur le thème du « travailler davantage ». La bataille va donc se durcir, même si le gouvernement brouille le débat pour éviter une nouvelle irruption sociale et citoyenne.

Le problème, pour Monsieur MACRON et son gouvernement, c'est qu'ils n'ont pas de majorité dans le pays pour soutenir leur politique.